Tu lances ton site ou tu prépares une refonte. Tu sais qu'il te faut une page d'accueil et un formulaire de contact. Pour le reste, c'est flou. Faut-il une page tarifs ? Une page par service ou une seule qui résume tout ? Un blog, vraiment ? Et ton prestataire te propose 40 pages alors que ton concurrent s'en sort avec 6.
Choisir les pages d'un site vitrine n'est pas une question de quantité. C'est une question d'arborescence, autrement dit le plan de ton site : quelles pages existent, comment elles sont rangées et comment on passe de l'une à l'autre. Une bonne arborescence aide Google à comprendre ton activité. Elle aide surtout tes prospects à trouver la bonne info en deux clics, sans abandonner.
Chez Ellebay à Toulon, c'est la première chose qu'on pose dans le cahier des charges d'une création de site internet, avant même la maquette. Voici ce qu'on recommande, page par page.
Combien de pages pour un site vitrine ?
Entre 10 et 25 pages pour la plupart des TPE et PME, hors articles de blog. C'est la fourchette qu'on retrouve sur les sites qui fonctionnent, dans les projets qu'on mène comme dans ceux qu'on audite.
En dessous de 10 pages, Google a peu de matière pour comprendre ce que tu fais. Tu te positionnes sur ton nom d'entreprise et c'est à peu près tout. Au-delà de 30 pages pour un site vitrine classique, tu crées souvent des pages faibles qui se font concurrence entre elles, avec en prime une maintenance que personne ne fera.
Le bon nombre découle de ton offre. Un artisan qui propose 5 prestations n'a pas besoin de la même structure qu'un cabinet comptable avec 12 missions différentes. On y revient plus bas avec un exemple chiffré.
Les 5 pages indispensables d'un site vitrine
Ces pages-là, on les retrouve sur 100% des sites qu'on livre. Sans elles, le site perd des prospects ou se met en défaut vis-à-vis de la loi.
1. La page d'accueil
C'est la porte d'entrée principale. Son rôle : dire en 3 secondes ce que tu fais, pour qui et où, puis orienter le visiteur vers la bonne page. Elle ne doit pas tout expliquer. Elle doit donner envie d'aller plus loin.
On a consacré un article entier à ce sujet : les 7 éléments d'une page d'accueil qui convertit, de la ligne de flottaison au dernier bouton d'appel.
2. Une page par service
C'est la page la plus sous-estimée par les dirigeants. Et c'est celle qui ramène le plus de nouveaux clients via le référencement naturel.
Une page unique « Nos services » qui liste 8 prestations ne se positionnera sur aucune d'entre elles. Google classe des pages, pas des sites. Pour apparaître sur « pose de climatisation Toulon », il te faut une page qui parle de pose de climatisation à Toulon, avec ses détails, ses délais, ses photos et ses questions fréquentes.
Chaque page service suit la même trame : le problème du client, ta façon de le résoudre, des éléments de réassurance (avis, réalisations, garanties) et un appel à l'action clair. Comme le rappelle le guide de démarrage SEO de Google, regrouper les sujets proches et les séparer clairement aide autant le moteur que le visiteur.
3. La page À propos
Elle répond à une question simple : « qui va vraiment s'occuper de moi ? ». Pour une TPE, c'est souvent la deuxième page la plus visitée après l'accueil.
Mets-y une vraie photo de toi ou de l'équipe, ton parcours, ta zone d'intervention et ce qui te distingue. Pas besoin de raconter la création de l'entreprise sur 2 000 mots. Trois ou quatre paragraphes sincères suffisent.
4. La page contact
Elle paraît évidente. Pourtant on voit régulièrement des sites où le seul moyen de joindre l'entreprise est un formulaire à 12 champs.
Une bonne page contact affiche un formulaire court (nom, e-mail ou téléphone, message), ton numéro cliquable sur mobile, ton adresse si tu reçois du public et tes horaires. Ajoute une phrase sur ton délai de réponse habituel. Ça rassure plus qu'on ne le croit.
5. Les pages légales
Mentions légales, politique de confidentialité, gestion des cookies et CGV si tu vends en ligne. Ces pages ne t'amèneront aucun client. Mais leur absence peut te coûter une amende, jusqu'à 75 000 € pour un entrepreneur individuel qui omet les mentions légales (375 000 € pour une société).
On détaille chaque obligation dans notre article sur les obligations légales d'un site web et la partie données personnelles dans notre guide RGPD et site web. Ces pages se placent dans le pied de page, jamais dans le menu de navigation principal.
Quelles pages font vraiment la différence ?
Les réalisations, les tarifs, la FAQ et le blog. Ce ne sont pas des obligations. Ce sont les pages qui distinguent un site qui « existe » d'un site qui apporte des demandes de devis.
Les réalisations ou cas clients
Un prospect veut voir ce que tu as déjà fait pour des gens comme lui. Une page réalisations avec 6 à 10 projets bien présentés (contexte, photos avant/après, résultat) vaut tous les discours.
Si tu peux, transforme les plus beaux projets en vrais cas clients, une page chacun. Ces pages se positionnent souvent sur des requêtes très précises et convertissent bien, parce que le visiteur s'y reconnaît.
La page tarifs
C'est la page qui fait le plus débat chez nos clients. Beaucoup craignent qu'afficher un prix fasse fuir.
Notre avis : si ton activité se fait 100% sur devis, une grille rigide peut être contre-productive. Mais afficher des fourchettes ou un forfait de démarrage filtre les demandes. Les prospects qui te contactent connaissent déjà l'ordre de grandeur, tu passes moins de temps sur des devis qui n'aboutiront jamais. Sur Logicasa, la plateforme de reprise de bail en Suisse qu'on a développée, « Tarifs » occupe la deuxième place du menu. Ce n'est pas un hasard : c'est l'une des premières questions que se pose un visiteur.
La FAQ
Liste les 10 questions que tes prospects te posent au téléphone. Réponds-y franchement, en deux ou trois phrases chacune. Tu viens d'écrire ta page FAQ.
Elle a un double intérêt. Elle lève les objections avant le premier contact. Et ces réponses courtes sont exactement le format que Google et les moteurs d'IA aiment reprendre dans leurs résultats.
Le blog
Un blog n'est utile que s'il vit. Deux articles par mois sur les questions réelles de tes clients, c'est une vraie source de trafic au bout de 6 à 12 mois. Un blog avec trois articles datés de 2023, c'est un signal d'abandon pour le visiteur.
Si tu n'as pas le temps de l'alimenter, ne le crée pas. Concentre-toi sur tes pages services. Et si tu te lances, notre méthode de rédaction web d'un article qui se positionne t'évitera les erreurs classiques.
Les pages inutiles à supprimer
Voici celles qu'on retire presque systématiquement lors d'une refonte.
Les pages « en construction ». Une page vide indexée par Google, c'est une mauvaise expérience utilisateur et un signal de site négligé. Si le contenu n'est pas prêt, la page n'existe pas.
La rubrique actualités abandonnée. « Nous serons présents au salon 2022 » en dernière actu, ça date ton entreprise instantanément. Supprime ou archive.
Les pages « Nos valeurs », « Notre philosophie », « Notre engagement » séparées. Trois pages fines qui disent la même chose. Fusionne-les dans la page À propos.
Les dizaines de pages villes copiées-collées. « Plombier à Toulon », « Plombier à La Seyne », « Plombier à Hyères » avec le même texte et seulement le nom de ville qui change. Google les considère comme des pages satellites, une pratique explicitement listée dans ses règles anti-spam. Une page zone d'intervention bien rédigée vaut mieux que 30 clones.
La page « Partenaires » avec 4 logos. Si elle n'apporte rien au visiteur, intègre ces logos dans ta page À propos ou ta page d'accueil comme éléments de réassurance.
Comment construire l'arborescence de son site vitrine ?
Pars des questions de tes clients, pas de l'organigramme de ton entreprise. Une bonne arborescence suit la façon dont un prospect cherche, pas la façon dont tu ranges tes dossiers en interne.
Voici la méthode qu'on applique avant chaque projet de création ou de refonte de site web.
Une page = une intention de recherche. Chaque page répond à une question précise que se pose ton prospect et vise un mot-clé principal. Si deux pages visent le même mot-clé, elles se cannibalisent : fusionne-les. Pour identifier ces requêtes, notre guide pour trouver les mots-clés que ta cible tape vraiment déroule la méthode.
5 à 7 entrées maximum dans le menu. Au-delà, le visiteur ne lit plus. Un menu type : Accueil, Services (avec sous-menu), Réalisations, Tarifs, À propos, Contact. Le blog et la FAQ peuvent y entrer si tu les alimentes.
3 clics maximum depuis l'accueil. Toute page importante doit être accessible en trois clics. Une page service enterrée au quatrième niveau sera moins visitée et moins bien explorée par Google.
Des liens entre tes pages. C'est le maillage interne : ta page service renvoie vers la réalisation correspondante, qui renvoie vers la page contact. Google suit ces liens pour découvrir tes pages, à condition qu'ils soient de vrais liens HTML, comme l'explique sa documentation sur les liens explorables.
Un sitemap XML déclaré dans la Search Console. C'est la liste de toutes tes pages, transmise directement à Google. Sur un CMS WordPress, des extensions comme Yoast ou Rank Math le génèrent toutes seules. Notre guide Google Search Console explique où vérifier que tes pages sont bien indexées.
Pose cette arborescence sur papier ou dans un wireframe avant de toucher au design. Changer l'ordre de deux pages sur un schéma prend 30 secondes. Le faire une fois le site en ligne, avec des redirections à gérer, prend une journée.
Exemple : l'arborescence type d'un artisan avec 5 services
Prenons un électricien installé dans le Var qui propose 5 prestations. Voici la structure qu'on lui recommanderait au lancement :
- Accueil (1 page)
- Services : installation électrique, mise aux normes, dépannage, borne de recharge, domotique (5 pages)
- Réalisations (1 page)
- Tarifs (1 page)
- FAQ (1 page)
- À propos (1 page)
- Contact (1 page)
- Pied de page : mentions légales, politique de confidentialité, gestion des cookies (3 pages)
Total : 14 pages. C'est un site complet, crédible, que Google peut comprendre et qu'un dirigeant peut maintenir seul. Le blog vient ensuite, quand le reste tourne.
Ce socle se décline pour un cabinet, un commerce ou un consultant. Seul le nombre de pages services change vraiment. Si tu hésites encore sur le type de site adapté à ton activité, notre comparatif site vitrine ou site e-commerce t'aidera à trancher.
Notre point de vue
La plupart des sites vitrines qu'on audite n'ont pas un problème de design. Ils ont un problème de structure. Une page services fourre-tout, pas de tarifs, un contact difficile à trouver et quatre pages vides qui traînent depuis le lancement.
Corriger l'arborescence n'a rien de spectaculaire visuellement. Mais c'est souvent ce qui fait passer un site de « carte de visite en ligne » à outil qui ramène des prospects chaque mois. Le taux de conversion suit quand chaque visiteur trouve sa réponse sans chercher.
Si tu prépares un nouveau site, on pose l'arborescence avec toi dès le premier rendez-vous, dans le cadre de notre création et refonte de site (dès 990 € HT). Si ton site existe déjà et que tu veux savoir quelles pages manquent ou lesquelles plombent ton référencement, notre audit SEO passe toute la structure en revue. Et pour un premier avis sans engagement, l'appel découverte de 30 min est offert.
Pour aller plus loin sur les bases, notre guide pour créer un site web professionnel reprend toutes les étapes, du choix du CMS à la mise en ligne.
Marion, co-fondatrice d'Ellebay Digital, accompagne les PME et indépendants dans la création et la refonte de leur site web depuis Toulon. Spécialisée WordPress et Next.js, elle commence chaque projet par l'arborescence, bien avant la première maquette.



