Migrer son site WordPress fait partie des opérations qui font le plus peur aux dirigeants. Et pour cause : un client sur trois qui nous contacte après une migration ratée a perdu 40 à 60% de son trafic Google.
La bonne nouvelle : une migration WordPress bien préparée passe sans casse. La mauvaise : les outils grand public (plugins de migration, "migrations gratuites" d'hébergeurs) ne couvrent pas la partie SEO, qui est justement là où tout se joue.
Voici la méthode qu'on applique chez Ellebay à chaque migration WordPress, avec les étapes avant, pendant et après pour ne pas perdre son référencement.
Pourquoi une migration mal préparée casse le SEO ?
Un site Google-friendly repose sur un ensemble de signaux stables : les URLs indexées, les liens internes, les backlinks externes qui pointent vers ces URLs, les métadonnées, le sitemap, la structure des balises Hn. Quand tu migres, tu modifies un ou plusieurs de ces signaux.
Le crawler Google revient sur ton site plusieurs fois par semaine. S'il trouve :
- des URLs qui répondent en 404 : il les désindexe rapidement
- des redirections en boucle ou vers des pages non pertinentes : il perd confiance dans la structure
- un sitemap absent ou obsolète : il découvre le nouveau contenu lentement
- des temps de réponse serveur élevés : il réduit sa fréquence de crawl
Quand plusieurs de ces signaux sont dégradés en même temps, Google recalcule ta valeur globale et fait chuter tes positions. Ce n'est pas une punition, c'est un fonctionnement mécanique. Le point positif : ces mécanismes fonctionnent aussi dans l'autre sens et une migration proprement gérée est neutre en termes de SEO.
Les 4 types de migration WordPress et leurs risques SEO
Toutes les migrations ne sont pas équivalentes. Selon le scénario, le niveau de risque et la préparation nécessaire changent.
Migration 1 : changement d'hébergeur uniquement
Tu déplaces ton site WordPress d'un hébergement web à un autre (d'OVH mutualisé vers Infomaniak par exemple), sans changer le nom de domaine ni les URLs. Scénario le plus simple. Risque SEO : faible si le transfert est propre. Le principal danger est un downtime prolongé. Préparation : 1 à 2 jours.
Migration 2 : changement de nom de domaine
Tu passes de entreprise-durand.fr à durand-consulting.fr. Toutes les URLs changent. Risque SEO : élevé sans préparation. C'est le scénario qui perd le plus de trafic quand les redirections ne sont pas faites correctement. Préparation : 3 à 5 jours + surveillance intensive 4 semaines après.
Migration 3 : refonte complète avec nouvelles URLs
Tu refais le site en gardant le même nom de domaine, mais tu changes les slugs, réorganises l'arborescence, fusionnes des pages. Risque SEO : élevé et technique. Chaque ancienne URL doit être analysée : indexée ? Backlinks ? Équivalent sur le nouveau site ? Préparation : 5 à 10 jours d'audit et de mapping. C'est ce qu'on décrit dans notre article sur les 8 signes qu'une refonte de site est nécessaire.
Migration 4 : passage à un autre CMS (Next.js, Webflow, Shopify)
Tu quittes WordPress. En plus des URLs, tu changes toute la structure technique. Risque SEO : maximum. Cumul de tous les risques précédents plus des enjeux de rendu, vitesse et structure des données. Préparation : 2 à 4 semaines d'audit et de mapping.
La checklist AVANT la migration : mesurer et sauvegarder
C'est la phase la plus importante et paradoxalement la plus négligée. Sans photo précise de l'état avant migration, tu ne peux pas mesurer ce qui a bougé après.
Faire un audit SEO de l'existant
Note et sauvegarde :
- La liste complète des URLs indexées dans Google, via Search Console (rapport Couverture) ou un crawler comme Screaming Frog
- Les mots-clés qui rapportent du trafic : requêtes, pages, taux de clic. Cette photo servira de référence
- Les backlinks externes : quels sites pointent vers ton site et sur quelles pages précises
- Les positions actuelles sur les requêtes qui te rapportent le plus. Notre guide pour analyser la performance de son site explique comment sortir ces données proprement
Exporte tout ça dans un fichier Excel avant de toucher à quoi que ce soit.
Sauvegarder complètement l'existant
Fais une sauvegarde complète en 3 parties distinctes :
- la base de données MySQL (BDD) complète, via phpMyAdmin ou un plugin comme BackWPup qui génère un dump SQL exploitable
- l'ensemble des fichiers WordPress via un client FTP (FileZilla, Cyberduck), un serveur FTP alternatif ou le gestionnaire de fichiers de ton cPanel
- le fichier de configuration serveur (
.htaccess,wp-config.phpavec les paramètres de connexion à la base, réglages PHP)
Génère une archive compressée au format fichier zip et conserve-la 6 mois minimum après la migration, en externe (Google Drive, disque dur, cloud). Conserve aussi les identifiants MySQL (nom d'utilisateur, mot de passe, login admin WordPress, accès FTP) dans un gestionnaire de mots de passe.
Cartographier les redirections
Pour les migrations de type 2, 3 ou 4, prépare une table de correspondance : chaque ancienne URL vers sa nouvelle URL. Cette table s'appelle un mapping. Un simple tableau Excel à deux colonnes suffit, mais il doit couvrir chaque URL indexée sans exception. Une URL oubliée = une redirection manquée = un backlink cassé.
La migration elle-même : les étapes techniques
Une fois l'audit fait et les sauvegardes en place, la migration technique se déroule en séquence.
Étape 1 : préparer l'environnement de staging
Ne migre jamais en direct sur le site en production (prod). Prépare une version de test (staging) sur un sous-domaine du type nouveau.tondomaine.fr protégé par mot de passe. Beaucoup d'hébergeurs proposent un staging automatisé (Infomaniak, WPServeur, Kinsta), sinon un plugin comme WP Staging fait le job.
Étape 2 : monter le nouveau site
Selon le scénario : migration d'hébergeur (exporter les fichiers et la base de données depuis l'ancien serveur distant, importer sur le nouveau serveur web Apache ou Nginx, mettre à jour manuellement wp-config.php avec un éditeur de texte), changement de domaine (idem + faire un search-and-replace propre dans la nouvelle base de données via WP-CLI ou un plugin comme Better Search Replace), refonte (installation manuelle de WordPress avec le nouveau thème WordPress, migration des contenus, ajustement des répertoires).
Sur le staging, teste tout : formulaires, paiements, plugins critiques, temps de chargement, versions mobile et desktop.
Étape 3 : mettre en place les redirections 301
C'est la partie critique pour le SEO. Une redirection 301 dit à Google : "cette page a définitivement déménagé ici". Google transfère alors la quasi-totalité de la valeur SEO de l'ancienne URL vers la nouvelle.
Mets en place les redirections via :
- le plugin Redirection (le plus utilisé et gratuit)
- directement dans le fichier
.htaccessvia un accès SSH ou en ligne de commande si tu es à l'aise - ou dans le fichier
next.config.jssi tu migres vers Next.js
Chaque ancienne URL indexée doit avoir sa redirection. Sans exception.
Étape 4 : le go-live
Choisis un créneau calme (dimanche matin, hors saison pour un e-commerce). Bascule le DNS (nouvelle adresse IP) via le panneau de contrôle de ton nouvel hébergeur, ou change les fichiers .htaccess selon le scénario.
Immédiatement après, connecte-toi au tableau de bord wp-admin et vérifie :
- que ton certificat SSL est bien actif sur le nouveau serveur (HTTPS partout, pas d'avertissement navigateur)
- la page d'accueil et les 10 pages les plus importantes du site
- les formulaires de contact
- le tunnel de paiement si applicable
- que les redirections 301 fonctionnent bien (utilise httpstatus.io pour vérifier plusieurs URLs à la fois)
Étape 5 : notifier Google et actualiser la Search Console
Dès le go-live : soumets le nouveau sitemap XML dans Google Search Console ; pour un changement de domaine, utilise l'outil "Changement d'adresse" ; vérifie qu'il n'y a pas d'erreur 404 en masse dans le rapport Couverture ; lance une re-indexation manuelle des pages les plus importantes via l'outil d'inspection d'URL. Google réagit en général en 3 à 10 jours si tout est en règle.
Après la migration : surveiller pendant 4 à 6 semaines
La migration n'est pas terminée le jour du go-live. Surveille chaque semaine pendant 4 à 6 semaines :
- Le trafic Google Analytics : une baisse de 10 à 20% est normale les 2 premières semaines. Au-delà de 30% qui persiste après 4 semaines, il y a un problème
- Search Console : erreurs 404, erreurs de crawl, avertissements de sécurité. Active un log de debug si besoin et traite tout dans les 48h
- Les positions clés : sur les 10 à 20 requêtes qui te rapportaient le plus, surveille chaque semaine
- Les backlinks : vérifie que les liens externes redirigent bien vers les nouvelles pages, sans erreur 404 intermédiaire
Une 404 qui traîne 3 semaines fait plus de dégâts qu'une 404 corrigée en 3 jours. Notre checklist de maintenance mensuelle intègre ces vérifications post-migration.
Les erreurs qui coûtent cher au SEO
Les erreurs les plus fréquentes qu'on voit chez les clients qui arrivent après une migration ratée :
Redirections en chaîne ou vers la home page. Une chaîne (A vers B vers C) fait perdre du signal à chaque saut. Rediriger vers la home est aussi une erreur : Google interprète ça comme une "soft 404" et ne transfère pas la valeur SEO. Mieux vaut rediriger vers la catégorie parente pertinente.
Oubli des URLs paginées, taxonomies et images. Les URLs /blog/page/2/, /category/actualites/, /tag/wordpress/ sont souvent oubliées dans le mapping, tout comme les URLs d'images (/wp-content/uploads/...) indexées dans Google Images.
Suppression brutale de contenu. Certaines refontes suppriment 30 à 50% des anciens articles. Sans redirection, tu perds tout leur trafic. Mieux vaut fusionner ou rediriger vers du contenu proche.
Modification du fichier robots.txt. Le robots.txt du staging (qui bloque l'indexation) est parfois oublié en production. Résultat : Google désindexe tout le site en quelques jours.
Combien coûte une migration WordPress proprement gérée ?
Voici nos tarifs chez Ellebay, en HT :
- Migration d'hébergeur (contenu identique, même domaine) : sur devis, avec transfert, vérification technique et contrôle post-migration à 7 jours
- Changement de nom de domaine : sur devis, avec audit des URLs, mapping des redirections, mise en place technique, Search Console et surveillance sur 4 semaines
- Refonte avec changement d'URLs : à partir de 1 990 € HT selon la taille du site, migration incluse, avec audit SEO complet, cartographie, plan de redirections et surveillance sur 6 semaines
- Migration vers un autre CMS (Next.js, Webflow, Shopify) : à partir de 1 990 € HT en plus du coût de développement du nouveau site
Ces montants incluent la partie SEO. Notre page création et refonte de site détaille les tarifs de la partie développement si tu combines migration et refonte.
Faut-il vraiment faire ça soi-même ?
Une migration d'hébergeur simple, tu peux la faire seul si tu es à l'aise avec le FTP, phpMyAdmin et la configuration DNS. Compte 1 à 2 journées.
Une refonte avec changement d'URLs, un changement de domaine ou une migration vers un autre CMS, on ne recommande pas de le faire seul, même à un dirigeant technique. Le coût d'une migration mal gérée est presque toujours supérieur au coût de la faire faire.
Attention aux "migrations gratuites" incluses chez la plupart des hébergeurs : elles couvrent le transfert technique, mais pas le mapping des redirections, le suivi Search Console ou la surveillance post-migration.
Si tu prépares une migration et que tu veux qu'on regarde ensemble ton cas concret, un appel découverte de 30 min offert est disponible. On regarde la taille du site, le scénario, les risques et on te dit franchement ce qui doit être fait.
Tu peux aussi consulter notre page maintenance ou notre guide pour améliorer le référencement Google si tu veux poser des bases solides avant migration.
Marion, co-fondatrice d'Ellebay Digital, intervient sur les migrations WordPress, les refontes techniques et la maintenance des sites depuis Toulon. Spécialisée WordPress et Next.js, elle privilégie les migrations préparées qui préservent le référencement plutôt que les transferts précipités.



